Histoire technique du Cane Corso Italiano

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Traduction Française de l’historique du Cane Corso Italien …

1914 : -Lors d’une exposition canine à Milan, Mario MONTI habitant Bagnacavallo (RA), présenta au juge Fabio CAIELLI, un sujet de “Molosse italien” nommé DRAGO ♂, que le juge refusa de juger, affirmant que la race n’existait pas et que le KENNEL CLUB ne lui avait pas émis le standard relatif à cette soi-disante race. MONTI, invita CAIELLI à prendre un billet de car pour Naples et à s’arrêter à Bologne, Florence, Pise, Livourne, Grosseto, Civitavecchia, Rome, où il avait pu voir et de manière toujours plus croissante des cani corsi, utilisés par des privés et des gardiens de nuit. Il avait pu en observer un très grand nombre à Naples, Foggia, Benevento, Barletta et Bari, aussi bien en milieu citadin qu’en milieu rural.
De cette exposition est née une vive polémique, à tel point que MONTI écrit à la revue spécialisée “Il Cacciatore Italiano” en soutenant qu’il désirait être le premier à présenter en Italie, un exemplaire de “Chien policier” sans recourir à des races de chiens étrangères. Il écrit même joliment ces quelques phrases, raisonnant même comme un poème d’amour pour cette “race” “… si en Italie il y avait des races de chiens qui remplissent les fonctions de garde de biens efficacement et de vigilance de personne, de belle apparence et capable en même temps de supporter l’éventuelles adversités de milieux. Ma prédilection raisonnée, s’est transformée, lorsque je suis venu en possession et grâce à la courtoisie d’une personne de la noblesse napolitaine, en passion. Parce que la terre et les hommes qui ont eu dans ce chien respectivement le fils et le compagnon ont transféré en lui mille ardeurs et mille vertus…” 


1952 : – Première description détaillée contemporaine de ce type de chien dans le livre “300 razze di cane” de Piero SCANZIANI des éditions Pan, faisant foi de post-standard pour plusieurs races, qui à l’époque étaient toutes regroupées sous un même terme, celui de MOLOSSE (les écotypes régionaux mastino napoletano pour la companie, cane da presa pour l’ensemble du Midi italien et cane corso pour la région des Pouilles)

1956 : – Description sommaire d’une ancienne race canine appelée cane corso, dans un article écrit par Giulio COLOMBO publié dans la revue spécialisée “I Nostri Cani”, n°3 de 1956.

1957 : – Observation, description morphologique et d’utilisation traditionnelles du cane corso dans la revue spécialisée “Il Cacciatore siciliano” n°9 de 1957, par le professeur et conte Giovanni BONATTI NIZZOLI DI CARENTINO.

1965 : – Proposition auprès de l’E.N.C.I. d’un projet de standard de la race Mastino Napoletano approuvé par la SAMN (Società Amatori Mastino Napoletano) rédigé par le doct. Ruggero SOLDATI (un des pères fondateurs de cette race) où figure comme sous-appellation du Mastino Napoletano l’attribut “corso”. Pour la petite histoire, ce projet fût rejeté par l’E.N.CI. qui préféra celui de CAIELLI (voir 1914). Suite à cette décision, le brillant cynologue SOLDATI démissionna de ces fonctions auprès de la S.A.M.N. et de l’E.N.C.I. et malheureusement pour la race arrêta par la même occasion toute activité officielle (sous couvert E.N.C.I.) liée au Mâtin Napolitain. 

1972 : – Le fameux juge E.N.C.I. (Ente Nazionale de la Cinofilia Italiana) et professeur Francesco BALLOTTA habitant Bagnacavallo (RA) fait part au juge E.N.CI. et docteur vétérinaire Antonio MORSIANI lors d’une expostion canine, d’une race molossoïde en voie d’extinction, à sauver de toute urgence dans la région des Pouilles .

1973 : – L’éminent conte Giovanni BONATTI NIZZOLI DI CARENTINO écrit dans une lettre datée du 2 décembre 1973 de la probable présence dans les Pouilles (16 ans plus tard), d’un “chien molossoïde à poil court, différent du mâtin napolitain, similaire à un bull mastiff, très ressemblant au perro da presa de Majorque…” à un jeune professeur en biologie faisant des recherches sur cette race, nommé Paolo BREBER muté à Lesina (FG). Il ajouta également dans ce courrier que le professeur romagnol “…Francesco BALLOTTA avait pu observer un grand nombre d’exemplaire de cette antique race…”.

1974 : – En octobre 1974 le prof. BREBER eut un peu par hasard, un réel premier contact avec 5 exemplaires de cani corsi inscrits hors concours à l’Exposition Canine de Foggia. Un couple (frère et soeur) de cani corsi aux robes sombres provenant de Mantella (AV), ainsi qu’une femelle noire (MIRAK ♀ ) et un mâle bringé provenant de Lucera (FG) et un mâle gris nommé ALIOT ♂ provenant d’Ortanova (FG) aux membres très longs et d’aspect “doguisant” 

  • Dans la même semaine le biologiste Paolo BREBER acheta au propriétaire du couple de Lucera la femelle, nommée donc MIRAK ♀ qui présentait un fort rachitisme due probablement à une alimentation peu appropriée, ainsi qu’une légère prognathie mandibulaire. Toutefois BREBER n’était pas vraiment sûr de la typicité de MIRAK ♀, il expédia quelques photos des sujets observés lors de l’exposition canine de Foggia au professeur BONATTI, lequel le rassura sur la typicité de la chienne qu’il venait d’acquérir. Dans le même courrier de réponse BONATTI dit à BREBER qu’un mois auparavant il c’était longuement entretenu sur ce même sujet (cani corsi) avec le docteur vétérinaire Antonio MORSIANI endocrinologue, généticien et fameux éleveur de St-Bernard mais aussi juge ENCI, qu’il avait orienté vers le professeur BALLOTTA qui lui fournit une description très détaillée des exemplaires qu’il avait pu observer à la fin des années 50 dans les Pouilles, puis plus tard en 1972. Les commentaires de BONATTI sur les sujets photographiés par BREBER furent : “Ces chiens semblent légèrement prognathes, leurs cous semblent distinctement arqués, lui rappelant ainsi les chiens conducteurs de troupeaux buffles, qu’il avait pu observer une vingtaine d’années auparavant dans les Murgie d’Andria”.
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1975 : – Dans une autre lettre écrite en août 1975, afin de rassurer encore une fois de plus ultérieurement le jeune Paolo BREBER, sur les caractéristiques de MIRAK ♀, BONATTI dit “le prognathisme est sa caractéristique essentielle”.

  • Suite à cette lettre et sans perdre de temps le prof. Paolo BREBER procéda au premier accouplement officiellement contrôlés de cani corsi entre ALIOT ♂ x MIRAK ♀ qui donna le 14 nomvembre 1975 une portée de 7 chiots dont la naissance de DAUNO ♂ à la robe noire ( qu’il donna à son beau frère) et de BRINA ♀ à la robe bringée(qu’il offrit à son ami apulien, le docteur Luigi LEPRI), les 5 autres étaient gris plomb. 

Arrivée à maturité BRINA ♀ présentait un museau très légèrement plus court que sa tête et une denture en ciseaux inversés. DAUNO ♂ était de grande taille et avait une musculature imposante ainsi qu’un tempérament explosif. 

  • Sous l’initiative (ou pression) du brillant zoologiste professeur Giovanni BONATTI NIZZOLI DI CARENTINO, la race fût reconnue au niveau national par l’U.C.I. (Unione Cinofila Italiana) sous le dénomination “DOGO DI PUGLIA” puis au niveau international en 1976. Ce dernier en réalité n’était pas convaincu qu’il eut été judicieux d’appeler cane corso cette entité raciale méridionale. Car à cette

époque les seuls exemplaires en vie, résidaient exclusivement dans les Pouilles excluant ainsi, toute autre présence dans d’autres zones géographiques. Il appuya officiellement cette appellation sur de très anciens documents Jésuites glânés en Capinata lors de ses nombreuses recherches sur ce sujets.
1978 : – Le professeur Paolo BREBER renouvelle un accouplement cette fois-ci entre PICCIUT ♂ (propriété du berger Armando GENTILE) x BRINA ♀ qui donna en janvier 1978 une portée 10 chiots dont la naissance de TAPPO ♂, TIPSI ♀, COCAB ♀, ALMA ♀ . Ces 2 dernières chiennes avaient des têtes encore “doguisantes” et des dentures en tenaille. Quand à TIPSI ♀, elle présentait un museau long 1/3 de la longueur total de la tête, une denture en ciseaux inversés, dans l’ensemble c’était une chienne fière, élégante, bien proportionnée et harmonieuse. 
TAPPO ♂ était légèrement prognathe et un museau un poil plus long que les estimations prévues par le professeur BREBER, aux muscles très saillants et puissants. Paolo BREBER le donna à des agriculteurs la famille TOMA situés près de la ferme de son beau-frère Luigi LEPRI à Troia (FG).

1979 : – La revue “I Nostri Cani” publie un article écrit par le professeur Paolo BREBER sur le pastore maremmano-abruzzese où figuraient en arrière-plan d’une photo de maremmano-abruzzese 2 cani corsi avec cette légende ” 2 sujets de Cani Corsi, un antique molossoïde de notre Italie du Sud, encore présent dans les Pouilles”.

Très intéressé par cet article écrit quelques mois plus tôt par BREBER le futur docteur Stefano GANDOLFI alors âgé de 16 ans, décida d’écrire un courrier à la maison d’édition, afin de contacter le professeur Paolo BREBER. Celle-ci le mis en relation avec BREBER qu’il rencontra en Juillet 1980 à Mantoue. Paolo BREBER proposa au jeune homme de lui servir de guide, si celui-ci était prêt à faire le voyage en Capitanata pour voir enchère et en os quelques exemplaires encore très “rustiques” de cani corsi qu’il avait localisé lors de ses recherches.

En semptembre 1980 eut lieu le premier voyage cynophile du docteur GANDOLFI dans les Pouilles, il était accompagné d’un ami passionné de cynophilie, Luciano MALAVASI. Guidé par le professeur BREBER ils purent observer ce jour-là en toute et pour tout 6 cani corsi (4 femelles et 2 mâles). Leurs premières observations furent : “Chien de taille médio-grande, à la musculature bien développée et nerveuse, conformation mésomorphe, tête très carré avec des mâchoires larges et robustes, une peau tendue et adhérente, un poil court, non ras que les paysans qualifient de “poils de vaches” de couleur bringée et fauve clair”.

1980 : – Faute de place, mais surtout de moyen et de temps le professeur Paolo BREBER prend la décision de transférer entre décembre 1979 et janvier 1980 trois de ses cani corsi entrant dans son programme de récupération ( DAUNO ♂, BRINA ♀, TIPSI ♀) à Mantoue (Italie du Nord) chez Giancarlo et Luciano MALAVASI, jeunes éleveurs connus et reconnus de Berger Allemand (élevant sous l’affixe “Il Duca di Mantova”) et amis très proches du docteur Stefano GANDOLFI. De ses 2 précédentes portées Paolo BREBER n’eut plus jamais de nouvelles des 12 autres chiots pour la plupart offerts à des bergers du foggiano (ces chiots furent dispersés un peu partout dans les campagnes reculées de Capitanata et des Abruzzes, au grès des transhumances annuelles)
L’arrivée de ces 3 chiens suscita l’intérêt des cynophiles locaux, particulièrement celui du professeur BONATTI, ainsi que celui du docteur vétérinaire et juge E.N.C.I. Giovanni VENTURA, qui procéda à une étude très poussée sur l’otectomie du cane corso. Ce sont eux d’ailleurs qui proposèrent sans perdre de temps à Paolo BREBER, de procéder à des accouplements en très forte consanguinité, afin de fixer d’une manière plus stable et radicale les caractéristiques ethniques des 3 sujets. 

  • 2 accouplements entre DAUNO ♂ x TIPSI ♀ donnèrent 2 portées de 18 chiots dont la naissance de ALIOT ♂, BASIR ♂, BULAN ♂, BEZERILLO ♂, BAAL ♂, ALKE’ ♀, BABAK ♀, ABAB ♀. 

BASIR ♂ fût donné jeune chiot au professeur Fernando CASOLINO, ainsi que BULAN ♂ à Gian Antonio SERENI. ALIOT ♂ et BABAK ♂ furent donnés au professeur Michele ANGIOLILLO d’origine apulienne. ABAB ♀ fût confié à Carlo DANI habitant Ostiglia situé non loin de Mantoue. ALKE’ ♀ repartie dans les Pouilles rejoindre PICCIUT ♂ chez les GENTILE à San Paolo Civitate (FG) et BAAL chez Sergio NARDI près de Bologne.

  • 2 accouplements DAUNO ♂ x BRINA ♀ ne donnèrent rien de bon. Les chiots mourraient les uns après les autres de la parvovirose, d’autres souffraient de malformation (sûrement due à au lien de parenté très étroits qui liaient des 2 parents).
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1981 à 1982 : – Initiation des recherches historicographiques et iconographiques sur le cane corso grâce à l’aide Gian Antonio SERENI, passionné d’art et de cynophilie, et du professeur Fernando CASOLINO éleveur et lucanien “pure souche”, né et habitant à Rio Nero in Vulture, fin connaisseur de la race dans son lieu d’origine grâce à ses études menées sur les us et coutûmes traditionnelles locales et ami de longue date du conte BONATTI et du professeur BALLOTTA.

  • Afin d’augmenter la consistance numérique de la race il fût décidé de placer chez des passionnés certains chiens nés des accouplements programmés. Mais aussi d’intensifier les recherches de nouvelles lignées dans le Mezzogiorno.

1983 : – Accouplement PICCIUT’♂ x ALKE’ ♀ donna le 31 janvier 1983 une portée de 6 chiots. De ces 6 chiots il ne restèrent en vie que 2 l’une d’elles fût appelée BIBLI♀. ALKE’ ♀ quand à elle mourut lors de la mise-bas.

  • le 18 octobre 1983, fût une date historique pour la race, un rassemblement fût improvisé par ces passionnés de cani corsi, afin de vérifié l’état de santé de la race. 12 exemplaires adultes présents furent consciencieusement examinés et mesurés par le docteur Giovanni VENTURA invité pour l’occasion. La quasi totalité des sujets présentaient un léger prognathisme, des axes cranio-faciaux légèrement convergents et un poids moyen de 47 kg pour les mâles et 38 kg pour les femelles. Une hauteur moyenne au garrot de 68 cm pour les mâles et de 4 à 5 cm en moins pour les femelles. Les robes étaient majoritairement de couleur noire, bringée, fauve et grise. Tous les chiens présentait un aspect athlétique et svelte, les têtes étaient toutes massives et carrées. Le jour même toutes les personnes présentes décidèrent de formaliser leur passion commune en association sous l’appellation S.A.C.C. (Società Amatori Cane Corso – Société des Amateurs de Cane Corso). De cette manière la race pourrait prétendre à une reconnaissance officielle de l’E.N.C.I.. Personnes présentes : Michele ANGIOLILLO, Nardino ANSELMI, Donatella BALDASSARRI, Giovanni BONATTI, Corrado BONDAVALLI, Bruno BONFANTI, Paolo BREBER, Primo BUZZI, Fernando CASOLINO, Gian Carlo GALLINI, Stefano GANDOLFI, Giancarlo MALAVASI, Luciano MALAVASI, Giovanni MAURO, Giancarlo MONFARDINI, Sergio NARDI, Gian Antonio SERENI, Vittorio SUFFRITTI, Alberto TELLINI, Giovanni VENTURA, présent également en visiteur Paolo PAOLETTI.

Premier conseil directif de la S.A.C.C. (de gauche à droite BREBER, SERENI, VENTURA, GANDOLFI , les frères MALAVASI et CASOLINO très souriant)
1984 : -Fernando CASOLINO fût désigné comme porte-parole (commercial de taille) de la S.A.C.C. auprès de l’E.N.C.I., il contacta la quasi totalité des experts et juges E.N.C.I. de l’époque, afin d’organiser des jugements officieux en fin d’expositions canines dans lesquels il présentait rapidement son chien BASIR ♂ aux principaux intéressés. L’ensemble des juges apprécièrent la morphologie, l’allure ainsi que le caractère du chien. C’est le contact avec le docteur Franco BONETTI à Bologne qui avait observé BASIR ♂ avec beaucoup d’attention qui fût déterminant pour organiser une première rencontre officieuse entre plusieurs juges et experts E.N.C.I..

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  • Le 16 juin 1984 eut lieu une première rencontre encore officieuse entre l’E.N.C.I. et le projet de récupération S.A.C.C., cette rencontre se déroula dans le club canin SAS de Castenaso (BO), les juges présents étaient les docteurs Franco BONETTI, Antonio MORSIANI, Mario PERRICONE, pour les évaluations morphologiques et Claudio BUSSADORI pour les évaluations comportementales. Les membres de la S.A.C.C. présentèrent avec beaucoup d’émotion pour certains une diziane de cani corsi, d’ailleurs dans un élan de bonhommie le vieux professeur BONATTI paraphrasait à chaque évaluation l’illustre cynophile helvétique Piero SCANZIANI, ce jour là il se sentait être, le “découvreur” de cette antique race italique qu’est le cane corso. C’est d’ailleurs bien lui et le bon “vieux” CASOLINO qui fîrent poids dans la balance de l’E.N.C.I.. Du reste CASOLINO, qui était hébergé chez son ami BONATTI confia au jeune GANDOLFI, qu’après le repas organisé avec les juges, BONATTI animé par la passion, continua son interminable monologue sur le cane corso jusqu’à l’aube… au grand désespoir de leurs femmes !

1985 : – Quelques mois après la rencontre du 16 juin 1984, l’E.N.C.I. se montra très intéressée par l’initiative de ce petit groupe de passionnés. Elle établit sont premier contact officiel avec la S.A.C.C. le 3 novembre 1985. Lors de l’exposition de Mantoue, furent conviés les juges MORSIANI, MENTASTI, VANDONI, VENTURA, QUADRI, PERRICONE et BARBATI. La S.A.C.C. proposa (imposa) quand à elle, la présence des professeurs Giovanni BONATTI et Danilo MAINARDI (éthologue de renommé mondiale) en tant qu’observateurs. La vingtaine de cani corsi présents ce jour là présentaient une discrète mais certaine homogénéité, c’est ce qui incita surement les juges à penser, qu’il était temps d’une éventuelle reconnaissance officielle de la race Cette rencontre suscita auprès de MAINARDI, MORSIANI et PERRICONE la naissance d’un vif intérêt pour cette race, se révélant très utile pour la suite des Evénements…

1986 à 1987 : – Le professeur BREBER abandonna la S.A.C.C. Suite à ce départ CASOLINO, GANDOLFI, SERENI ainsi que les frères MALAVASI durent accentuer leurs voyages dans les Pouilles, afin de chercher de nouveaux sujets valides pour le programme de récupération de la race. 
Sur place ces derniers pouvaient compter sur l’appui qu’offrait le frère du professeur CASOLINO qui à l’époque était Commandant dans la caserne de Carabinieri de Barletta (BAT), ainsi sur celui de son jeune fils Franco, mais également de l’aide d’un carabinier passionné de molosses nommé Antonio CINQUE , originaire quand à lui de Manfredonia (FG). Grâce à ces précieuses aides locale, en l’espace d’un an et demi vinrent se greffer au programme de récupération plus d’une trentaine de nouveaux sujets “rustiques”, appartenant à 11 lignes de sangs différentes. Cette même année furent achetés à Manfredonia (FG) un chiot agé de 3 mois nommé OTELLO ♂, et une timide jeune chienne nommé KIRA ♀ et surnommée “Chauve-souris” (Pipistrella en italien) à cause de ses oreilles amputées d’une manière très “aléatoire”… Cette quête de nouveaux sujets localisé pour la plupart dans Gargano, fût ensuite confiée à Salvatore STOPIELLO qui à cette époque achetait sur place, des portées entières qu’il transférait en voiture jusqu’à Mantoue.

  • Arrivée de Vito INDIVERI dans le projet de récupération, il fût recommandé par le professeur Antonio MORSIANI avec qui il entretenait des liens cynologiques au travers la race St-Bernard que INDIVERI élevait auparavant. Cette collaboration apporta un souffle nouveau au projet, car de part sa profession de vendeur ambulant, ce fin connaisseur de molosse qu’est Vito INDIVERI, était amené à se déplacer dans les endroits les plus reculés des campagnes apuliennes apportant ainsi, encore plus de matériel génétique au projet. Il fût ainsi créé une délégation apulienne de la S.A.C.C..
  • Intéressé par le projet, Giovanni TUMMINELLI vint s’associer au projet de récupération du cane corso. Ce cynophile sicilien aguerrit, partagea ses nombreuses expériences et recherches (documentations historiques, iconographiques emplois traditionnels, localisations et photographies des sujets locaux, etc…) sur le cane corso en Sicile, fût ainsi créé une délégation sicilienne de la S.A.C.C..
  • Mandaté par la S.A.C.C. le professeur MORSIANI fût charger d’inspecter et de mesurer un très grand nombre de cani corsi du “Nord” et du “Sud” (plus d’une centaine) en vue de rédiger un projet de standard de race.

1987 : -Le comité des juges ainsi que le conseil directif de l’ E.N.C.I. approuva en novembre 1987 le projet de standard de la race du professeur MORSIANI.
1988 : -L’E.NC.I. décida de soumettre aux jugements une cinquantaine de cani corsi, lors de 3 expositions canine nationale à Milan juge : VANDONI, Florence juge : PERRICONE et Bari : MORSIANI. Lors de ces expositions MORSIANI et PERRICONE en profitèrent pour faire de précises mesures cynotechniques, ainsi que de minutieux relevés cynométriques et des évaluations comportementales sur ces sujets, sans compter les 60 autres sujets recensés, photographiés et évalués (compris étude détaillée des différentes lignes de sang) par Vito INDIVERI dans le sud italien.

  • Afin de conclure cette grande campagne d’étude de la population de cani corsi présente en Italie (méridionale et du nord) la S.A.C.C. par le biais de Vito INDIVERI organisa à Foggia, un raduno général en octobre 1988 jugé par MORSIANI. Ce dernier examen E.N.C.I. fût passé avec succès et convint définitivement les experts de l’E.N.C.I. à faire les quelques derniers pas, menant à la reconnaissance officielle et définitive la race.
  • L’E.N.C.I. décida d’instruire un Livre Ouvert sur lequel furent inscrits (donc recensés) les chiens conformes au standard de race.
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Cette procédure prévoyait :

a) Inscription des chiens qui avaient obtenus un certificat de typicité attribué par 2 juges E.N.C.I. différents lors d’exposition ou “Raduno” (manifestation) officielles E.N.C.I..
b) Déclaration auprès de l’E.N.C.I. des chiots nés d’un accouplement entre 2 cani corsi certifiés.
c) Jugements ultérieurs des chiens mentionnés en B âgés d’au minimum 1 an : confirmation de l’inscription définitive, si les caractéristiques de typicité des parents sont maintenues.
La partie C de ce programme n’a jamais été réalisée.
Jugement de SATURNO ♂ (Umberto LEONE) par Antonio MORSIANI
1989 : Réunions S.A.C.C. pour le Livre Ouvert à Mantoue et Foggia commissionné par les experts E.N.C.I. BARBATI, QUADRI et DAGRADI, les juges : MORSIANI et PERRICONE environs 70 sujets y seront inscrits en seulement 2 réunions.
Le prof. CASOLINO posant avec BULAN ♂ exposition de Mantoue.
1990 : -Raduno pour le Livre Ouvert à Mantoue et Ostuni encore environs 70 autres sujets y seront inscrits en 2 raduni.

  • Le 16 et 17 juin 1990 eut lieu le premier Congrès national sur le cane corso à Civitella Alfedena, les différentes interventions seront publiées par la maison d’édition ORSA srl, officialisant ainsi certaines contradictions propre aux diverses lignes de pensée de la race.

p. 30 Vito INDIVERI éleveur :
“… Je peux même affirmer que le point commun entre tous les chiens appartenant à cette race est une légère convergence et un léger prognathisme (mandibulaire).
p. 67 Simon GOLMAN docteur vétérinaire :
“… Toutes les mesures sur le cane corso ont été effectuées à Milan, Forence et Bari par les juges MORSIANI, PERRICONE et VANDONI … “
“… En outre, ont été mesuré d’autres chiens aussi bien de privés que d’éleveurs…”
“…Ont été prises en examen les données appartenant seulement aux chiens ayant plus d’un an et demi d’âge, c’est-à-dire au complet développement squelettique et inscrits au Livre Ouvert ENCI, en totale 24 sujets 13 mâles et 11 femelles…omissis…Je voudrais ajouter que le même auteur de la proposition de standard soit le docteur MORSIANI a activement collaboré à cette enquête…”
p. 69 : ” … La majorité des indices, rapports et relèvés correspondent à ceux reportés par le Dr. MORSIANI. Cependant ont a pu relever aussi quelques différences considérables entre les paramètres suivants : …”
“… – La hauteur au garrot moyenne aussi bien des mâles que des femelles, s’est révélée être supérieur à celle maximum consenti dans le standard provisoire. … “
“… – Les axes cranio-faciaux de beaucoup de sujets se sont revélé parallèle et non convergents (monoconvergents) comme indiqué dans le standard, une légère convergente à pu être observée seulement sur quelques sujets. … “
“… – Environs la moitié des chiens examinés avait une denture en tenaillé, seulement ceux qui présentaient un léger prognathisme en revanche avaient une denture en ciseaux inversés… “
p. 79 Umberto LEONE éleveur historique de la race : “… Le cane corso doit avoir la tête et le cou grand, et le museau pas trop écrasé, pas trop prognathe autrement on est en dehors du type. Le poil e cours et dur, s’en avoir le poil délicat et souple d’un boxer…”
p. 103 Tommaso RUGGIERI éleveur : “… Moi j’inviterais les organes compétents à revoir le tout, avec l’intéressement de tous, ou du moins d’une bonne partie des possesseurs de cani corsi de vieilles date et de ne pas se cantonner aux propositions faîtes que par certains, afin de ne pas causer des dommages irréversibles… “
“… Par exemple ce standard accepte le prognathisme, qui à mon avis n’a jamais existé chez le cane corso, mais qui accentué ces dernières années, probablement dû aux fruits de certains croisements effectués par ces nouveaux éleveurs, qui pour amélioré la race ont accouplés des corsi avec des boxer ou d’autres chiens. Ce système donne effectivement rapidement de beaux résultats, très ressemblant à ce que nous recherchons, mais qui en réalité ne produisent pas de vrais cani corsi. …”
“… Le prognathisme devrait être toujours considéré comme un défaut … “

p. 111 Fernando CASOLINO dirigant S.A.C.C. : “… Je le souviens comme témoin, que les cani corsi que j’ai connu furent toujours légèrement prognathes et avec des axes cranio-faciaux convergents. …”

  • Présentation de la race à l’exposition Européenne de Vérone juge Vittorio DAGRADI. Pour cette occasion la S.A.C.C. distribua un écrit intitulé “CANE CORSO Résumé des caractéristiques Morphologiques”. Dans cette brochures avait été faites arbitrairement une variation du standard p. 1 dans la partie finale décrivant le museau était écrit : Denture légèrement prognathe ( tenaille et ciseaux toléré). Ce résumé sera également proposé dans quelques articles parut dans la revue spécialisé “Cani di razza” édition Olimpia décembre 1994, dans Works Dogs parut en mars 1995 causant de nombreuses confusions.


1991 à 1992 : – Raduni pour le Livre Ouvert à Morciano di Romagna et Empoli. Présentation auprès de l’E.N.C.I. une demande pour la reconnaissance officielle de la race.

1993 : – Le 6 juillet 1993, le conseille directif de la S.A.C.C. participe, avec une contribution déterminante au Congrès Internationale de Cynotechnie Génétique, Alimentation et Psychologie canine de Ravenne.

  • Publication par les éditions de Vecchi du livre “Il Cane Corso” écrit par le vice-président de la S.A.C.C. Giuseppe CHIECCHI et son conseiller de l’époque qui deviendra à son tour vice-président Giorgio GUALTIERI certaines affirmations écrites dans ce livre créèrent quelques confusions, car ce livre est resté pendant 4 ans le seul et unique livre de référence traitant du cane corso :

p. 42 : “… Les incisives mandibulaires dépassent seulement de 5 mm les incisives de l’arcade supérieure… ” 
p. 34 : “… Chez le cane corso le prognathisme est une caractéristique tolérée… “.
1994 : – Le 20 janvier 1994 reconnaissance officielle de la race CANE CORSO ITALIANO. La S.A.C.C. demanda à ses membres (associés) de restituer le certificat d’inscription au Livre Ouvert à l’E.N.C.I. afin des les transformer en certificats L.I.R.. Vinrent inscrit automatiquement tous les sujets F2 (de la 2ème génération) qui aurait dû se soumettre à la vérification des 1 an d’âge.

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  • Avec la reconnaissance officielle, l’E.N.C.I. habilita automatiquement et sans examen, un nombre significatif de juges, (all rounder et tous ceux habilités à juger le second groupe). Cette mesure se révélera penalizzante pour la race, car aucun juge n’est éleveur de la race, on soulignera que seuls quelques-uns d’entre-eux s’engagèrent dans l’étude de la race et de son standard. (Citons comme étant emblématique les jugement s de l’exposition internationale de Gênes en novembre 1997, (presque 4 ans de la reconnaissance de la race) : le juge all rounder désigné relevait un prognathisme excessif sur un chien nommé LOTHAR ♂, propriété de l’éleveur Riccardo DELLEPIANE de Gênes, pour un prognathisme d’à peine 4 mm donc inférieur à la valeur maximum établie par le standard de race).
  • Durant l’exposition Nationale de Pise en été 1994, le juge E.N.C.I. Antonio DI LORENZO refusa de juger les cani corsi les définissant comme étant des “BÂTARDS”.

1995 : – La S.A.C.C. initia une championnat social sans aucune valeur officielle. Trouvant comme justification de favoriser la participation des cani corsi, afin de les faire connaître à un plus grand public mais aussi de permettre au juges d’exercer ” de se faire la main” sur les jugements.

  • À cette manifestation est associée une vaste campagne promotionnelle avec communication sur toutes les revues spécialisées des résultats de ce championnat en invitant chaleureusement les personnes intéressées par l’acquisition de chiots cani corsi à suivre les résultats de ce championnat. Les deux premières places furent obtenues par GRISO ♂ (del Murgese) et David ♂ (del Dyrium), aussi gagnants des expositions nationales et internationales liées au championnat S.A.C.C. , mais ne réussirent pas à obtenir les titres de Champion Italien cette année là.

1996 : – Le 2 mai 1996 reconnaissance officielle de la S.A.C.C. par l’E.N.C.I comme étant la “société spécialisée de la race”.

  • Dans les communiqués de presse des résultats du championnat social, les chiens classés sont attribués à des élevages différents des effectifs et de ceux reportés au catalogue. Renzo CAROSIO membre et associés de S.A.C.C. envoie un télégramme polémiste à cette dernière sur ces éventuelles déviances.
  • Boycottage de la classe champion (à laquelle participent d’une manière évidente des sujets peu appréciés (appréciables) par les passionnés) cette classe ne vint pas mentionnée dans les communiqués des résultats. Même cet acte fût contesté auprès de la S.A.C.C. qui fût à l’origine à une communication tardive de rectification à la mi-impression des documents.
  • 22 mai 1996 présentation de la race auprès de la direction F.C.I. à Arese, présentations des 14 meilleurs cani corsi de l’époque dont le champion BORIS ♂ appartenant à Renzo CAROSIO qui fût présenté comme modèle pour la description des caractéristiques ethniques de la race.
  • Octobre 1994 Renzo CAROSIO soulève encore une nouvelle polémique en informant l’E.N.C.I. d’une irrégularité de gestion et de défaillance technique de l’association spécialisée S.A.C.C..
  • 12 novembre 1996, reconnaissance officielle internationale de la race.
  • Création du CAL 1 ( Certificat d’aptitude au Travail) pour le cane corso italiano. Les titres de champion de beauté sont concédés seulement aux sujets étant en possession du CAL 1 et ayant passé un examen de dépistage de la dysplasie de la hanche, sont acceptés seulement les niveaux A, B, C.
  • La maison d’édition Mursia publie de loin le meilleur livre sur la race intitulé “Il Cane Corso origine et prospective du Molosse Italiqe” auteurs : Président de la S.A.C.C. dr Stefano GANDOLFI et le prof. Fernando CASOLINO conseille S.A.C.C. (ce livre fût envoyé par la S.A.C.C. à tous les juges du groupe 2).

Paragraphe

p. 98 (en référence au prognathisme) : “… la mesure de 5 mm est une valeur médio optimale. La denture a tenaille (les fleurs de lys que représentent les incisives supérieurs se superposent à celles des incisives inférieures) et l’avancé de 10 mm des incisives de l’arcade (mandibulaire) par rapport à celles supérieures son seulement tolérés…” (Soit un prognathisme mandibulaire de 10 mm ou 1 cm maxi. ) 
p. 137 (chapitre introduisant le dressage) : “… C’est un gardien qui se fait entendre par son aboiement sourd, mais qui ne se fait pas voir. Il attend l’intrus violant les confins de la propriété pour le surprendre en arrivant près de lui par surprise, comme une ombre dans la nuit et c’est alors qu’arrivent les ennuis…” Description très efficace et réaliste, pour qui connait le cane corso.
1997 : – En février 1997 la S.A.C.C. organisa un séminaire technico-scientifique a Bagnara di Romagna (RA) au travers de la fondation MORSIANI. Les principaux intervenants furents les juges E.N.C.I. VANDONI, BONETTI, GIORGIO, IMBIMBO.
À signaler quelques observations liées à la sélection et génétique par le Dr. VANDONI : “… La taille tend à fuir vers le haut …”
“… La direction des axes de la tête qui dans notre cas doivent être bien visiblement convergents . On rencontre souvent …une hypertrophie excessive des masséters. Pénaliser de manière excessive les dentures en ciseaux ou celles en tenaille semble exagérée. Je dis que devant une bonne quadrature de museau et une correcte direction des axes, je ne peux raisonnablement pas pénaliser une denture qui n’est pas parfaitement correcte. …”
Dr BONETTI : “.. avec un conséquent prognathisme de 0,5 cm., donc toujours léger. C’est un caractère de type, mais qui ne doit pas sortir de ces limites..”
1998 : – Création de la A.I.C.C. (Association Italienne Cane Corso). Qui organise son premiers raduno en juin avec la participation de 103 sujets.
2004 : – Organisation du premier “raduno dell’ anno” organisé par le conseil directif de la S.A.C.C..
2006 : – Le conseil directif de la S.A.C.C. décide de remplacer le CAL 1 par le CAL 2.

Auteur Giuseppe GIORGIO

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